Résumé complet de L’Ingénu

En 1767, Voltaire, de son vrai nom François-Marie Arouet, publie « L’Ingénu », un roman satirique, qui raconte l’arrivée d’un indien Huron à Paris en 1690. Ce roman comporte vingt chapitres dont les sept premiers se situent en Bretagne. Le voyage vers la capitale fait l’objet du chapitre suivant, et les onze derniers chapitres présentent l’arrivée et le séjour du Huron à Paris.

 

Chapitre 1 :

En 1689, un bateau marchand anglais fait escale dans la baie de Saint-Malo. La curiosité de l’abbé de Kerkabon et sa sœur, Mademoiselle de Kerkabon, qui se promenait à ce moment-là sur le bord de mer, est éveillée par l’un des passagers, un jeune homme d’une apparence peu courante et qui maîtrise remarquablement bien la langue française. Les Kerkabon apprennent qu’il s’agit d’un Huron. Invité à souper et à passer une nuit chez les Kerkabon, le Huron raconte qu’il ne connaît pas réellement ses parents et que tout le monde l’appelle « l’Ingénu », car il dit toujours naïvement ce qu’il pense.

 

Chapitre 2 :

Le jeune Huron possède pour seule richesse deux portraits grossièrement peints dans lesquels l’abbé et Mademoiselle de Kerkabon reconnaissent leur frère et leur belle-sœur, partis trente ans auparavant au Canada et disparus depuis. Les Kerkabon prennent alors l’Ingénu pour neveu et souhaitent le faire baptiser au plus vite.

 

Chapitre 3 :

L’ingénu possède quelques références littéraires (Shakespeare, Rabelais) et un esprit très vif. Il découvre le Nouveau Testament qu’il dévore avec beaucoup de plaisir. Cette lecture provoque de grandes discussions avec l’abbé de Saint−Yves sur le baptême et en particulier sur son déroulement concret. Le jour prévu du baptême, on cherche partout l’Ingénu. Mademoiselle de Saint−Yves finit par le retrouver tout nu dans une rivière, à l’image de ce qui est écrit dans le Nouveau Testament.

 

Chapitre 4 :

Il faut tout le charme de Mademoiselle de Saint-Yves auquel le Huron n’est pas insensible, pour le convaincre de se faire baptiser de façon plus classique. Mademoiselle devient en toute logique la marraine de l’Ingénu et le Huron prend pour nom de baptême Hercule.

 

Chapitre 5 :

L’ingénu est tombé amoureux de Mademoiselle de Saint-Yves et veut l’épouser. Il ne comprend pas pourquoi il devrait demander une quelconque permission pour cela à un tiers. Quand l’abbé de Kerkabon lui apprend qu’il ne peut épouser sa marraine et que cela irait à l’encontre de l’autorité papale, il se met en colère et veut sur-le-champ être débaptisé. Il part furieux retrouver la belle de Saint-Yves.

 

Chapitre 6 :

Arrivé chez Mademoiselle de Saint-Yves, l’Ingénu cherche à concrétiser son mariage avec la belle de toute la force de ses attributs virils. Il est arrêté dans sa démarche par le personnel de maison et un prêtre de la paroisse. On a beaucoup de mal à convaincre le Huron que de telles manières sont absolument inacceptables. L’Ingénu finit par capituler, et le lendemain, Mademoiselle de Saint-Yves est mise au couvent.

 

Chapitre 7 :

Mélancolique de la perte de sa belle et toujours en colère contre les autres membres de la famille, l’ingénu se promène au bord de la mer. Il est alors témoin d’une attaque anglaise. Après avoir devisé sur la nécessité de combattre les Anglais, il se joint à la bataille redonnant du courage à la milice qui en manquait. Se battant avec beaucoup de fougue contre l’assaillant, il devient le héros de la bataille gagnée contre l’envahisseur. Par ailleurs, une prise de guerre importante lui offre tout-à-coup des moyens financiers qui lui permettent d’aller à Paris afin d’être présenté au roi.

 

Chapitre 8 :

Sur le chemin vers Paris, il découvre à Saumur le mal causé aux protestants et plus généralement ce que cette lutte fratricide coûte au pays. Il apprend la révocation de l’édit de Nantes et pense que le roi est manipulé par les Jésuites. L’Ingénu se fait donc un devoir d’éclairer le roi lorsqu’il arrivera à Paris.

 

Chapitre 9 :

Arrivé à Versailles, l’Ingénu demande de façon véhémente à voir le roi, mais doit se contenter d’un interlocuteur de bien moindre importance. À l’évocation de ses exploits face aux Anglais, il est promis au Huron une lieutenance. Mais cela ne l’intéressait nullement et le huron tient le discours qu’il avait promis de tenir en faveur des protestants. Le révérend Père La Chaise, confesseur de Louis XIV et parfaitement informé par ses espions, présente l’Ingénu comme un individu dangereux. Le Huron se retrouve immédiatement à la Bastille en compagnie d’un nommé Gordon, là depuis déjà deux ans.

 

Chapitre 10 :

Intellectuellement, la rencontre avec Gordon s’avère très enrichissante pour l’Ingénu. Peu à peu, le Huron s’initie à la philosophie, à la physique et à la géométrie. D’une certaine façon, les conversations avec Gordon lui donnent une vision moins naïve du monde qui l’entoure. Quoi qu’il en soit, toutes ces conversations savantes ne peuvent le consoler de son chagrin de ne plus revoir Mademoiselle de Saint-Yves.

 

Chapitre 11 :

L’ingénu continue à se forger un esprit plus construit en étudiant l’histoire des peuples. Il réfléchit à la notion de vérité, à l’exercice du pouvoir, à la communication du savoir ou à l’ordre du cosmos.

 

Chapitre 12 :

Les échanges avec Gordon permettent à l’Ingénu un apprentissage de la littérature : poésies, tragédies grecques et quelques pièces du théâtre français. Le Huron apprécie beaucoup le théâtre de Molière qui l’éclaire sur les mœurs de son temps. Il aime aussi beaucoup Racine, mais Corneille le laisse beaucoup plus froid même s’il admire la pièce Cinna.

 

Chapitre 13 :

Alarmé par l’absence de leur neveu, l’abbé Kerkabon et sa sœur apprennent qu’un individu ressemblant à l’Ingénu a été enlevé et mis en prison. Ils se déplacent à Versailles et cherchent en vain de l’aide, notamment auprès du révérend Père La Chaise. À la même période, Mademoiselle de Saint-Yves sort du couvent pour être mariée avec le fils du bailli. Toujours amoureuse de l’Ingénu, elle s’échappe pour partir à sa recherche le jour de la cérémonie. À Versailles, elle demande secours auprès du Père Tout−à−tous, un jésuite. Un garde l’informe que l’Ingénu est enfermé, peut-être à vie, à la Bastille et lui conseille de plaider sa cause auprès de Monsieur de Saint−Pouange.

 

Chapitre 14 :

L’ingénu et Gordon échangent des propos sur la noirceur des persécuteurs, sur la vérité et sur la géométrie. Ils mettent en perspective les critiques que l’on fait des peuples Barbares comme les Hurons.

 

Chapitre 15 :

Mademoiselle de Saint-Yves se rend chez Monsieur de Saint−Pouange qui la reçoit et accepte de l’aider à condition que la belle lui offre ses faveurs. Refusant, Mademoiselle de Saint-Yves retourne en larmes chez le Père Tout−à−tous pour lui demander conseil.

 

Chapitre 16 :

N’osant aller à l’encontre de Monsieur de Saint−Pouange, le Père Tout−à−tous lui conseille de céder au chantage. Le Père Tout−à−tous ajoute même qu’il n’y aurait pas réellement de péché, car Mademoiselle de Saint-Yves n’est pas officiellement mariée.

 

Chapitre 17 :

Après beaucoup de cris et de larmes, Mademoiselle de Saint-Yves cède au chantage.

 

Chapitre 18 :

Munie de l’ordre du ministre, elle court délivrer son bien-aimé. Sur place, elle lui raconte, en pleurant, son aventure et la façon dont elle a obtenu sa libération. L’ingénu demande de libérer Gordon de la même façon. Mademoiselle de Saint-Yves écrit donc à Monsieur de Saint−Pouange qui lui obtient la liberté de Gordon, mais elle refuse d’aller à son rendez-vous.

 

Chapitre 19 :

Mademoiselle de Saint-Yves et l’Ingénu retrouvent leur famille avec bonheur. Gordon qui les accompagne est également le bienvenu. Hélas, très rapidement, Mademoiselle de Saint-Yves tombe malade. Après le bilan amer de ses péripéties, il semble que son âme ronge son corps.

 

Chapitre 20 :

Les médecins incapables de soigner la maladie, Mademoiselle de Saint-Yves meurt, laissant l’Ingénu dans une grande détresse et avec de profonds regrets. À la fin, L’Ingénu obtiendra des réparations de l’administration royale, mais celles-ci ne sont qu’une maigre consolation par rapport au prix payé.

 

Fin.